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Fier d’être français ?

Alors que l’opération gouvernementale « grand débat sur l’identité nationale », autour de la question « qu’est-ce qu’être français ? », lancée par le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, Eric Besson, bat son plein (voir ici le site officiel), Bernard Defrance, ex-professeur de philosophie (il vient de prendre sa retraite) au lycée Maurice-Utrillo de Stains (Seine Saint-Denis) m’a fait parvenir un petit texte à ce sujet.

Sans pouvoir partager ses accents polémiques, ce qui serait par trop dérogatoire à la sérénité distante attendue d’un blog issu d’un membre de la rédaction du Monde, j’ai trouvé ce texte suffisamment pertinent pour, avec l’autorisation de son auteur, vous en présenter un extrait, que voici :

«             L’expression « fier d’être français » témoigne de la part de celui qui l’utilise de son ignorance du sens des mots en langue française, ce qui serait savoureux si ce n’était surtout grotesque. On ne peut être « fier » que de ce dont on est, au moins partiellement, responsable : je peux être fier d’avoir tenu un engagement difficile, d’avoir réussi une épreuve quelconque grâce à mes efforts, etc.  En aucun cas, je ne peux être « fier » d’une situation (être français) qui n’est que le résultat d’une très longue série de causalités (ce qu’on appelle le hasard) qui m’échappent complètement. Certes, quand je regarde les conditions d’existence de l’immense majorité des hommes et des femmes de cette planète, je suis plutôt content d’être français, mais je ne saurais en aucun cas en être fier.

Ceux qui ont réussi à le devenir

Paradoxalement, et c’est ce que ne voient pas nos ignorants grotesques du sens des mots, les seuls qui peuvent légitimement se dire « fiers d’être français » sont tous ceux qui ont réussi à le devenir, voulant échapper à la misère, aux persécutions de dictatures, aux tortures… Souvent au prix de souffrances et d’épreuves considérables (les trois jours et quatre nuits passés par le père kurde d’un de mes élèves coincé sous la banquette arrière d’une camionnette sans boire ni manger pour traverser clandestinement les frontières et échapper aux geôles turques…). Effectivement, ceux-là, oui, peuvent être fiers d’être devenus français et d’avoir réussi à assurer un avenir à peu près correct à leurs enfants (Yavuz, le fils, bac avec mention, aujourd’hui informaticien).         »

En complément, et tant pis pour les délicats, je ne résiste pas non plus à vous soumettre, la toujours si subtile « chanson du dimanche  », sur le même thème. Mais sans oublier de vous convier aussi à visiter le site personnel de Bernard Defrance .

L.C.

PS. Pour le même prix, vous trouverez dans ce package spécial identité nationale le module « Jean Gabin contre la privatisation de la Poste », que j’ai déniché par hasard (?), il y a quelques semaines, sur le site du NPA de la Vienne (86). La Poste, « une administration que le monde entier nous envie « , c’est bien un élément de l’identité nationale, non?